Pièce pour cinq interprètes, lumière rose et silence

Espace projet Pierre-François Ouellette art contemporain

Commissaire: Ariane De Blois

composition sonore: Magali Babin

Technique: Anne-Françoise Jacques, Raphaël Huppé-Alvarez 

2014

 

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ACTES SANS PAROLES – Un mimodrame à cinq interprètes, désignés par A, B, C, D et E, prend place (in abstracto) dans une cellule monochrome.

 

Silence ouateux.

 

Le spectateur, devenu protagoniste, est invité à entrer dans la cellule.

 

C pénètre dans l’espace et regarde autour de lui en tournant la tête de droite à gauche. Il toussote, un peu gêné, à la vue de A, assise dans une des alcôves de la pièce.

 

L’espace voûté constitue un monde ou plutôt l’expression synthétique d’un monde orchestré par F, G, H, I et J selon des paramètres précis.

 

Malgré leur absence, la présence de D et de E se fait sentir.

 

D’une douce obscénité (comme certains drapés des fresques de Giotto), le rose moite et charnel de la cellule (pour)fend le gris morne du quotidien.

 

Un temps long, s’étire, et se rallonge.

 

Le parfum terreux de la pièce enivre les narines de C. L’odeur lui rappelle les automnes de son enfance, tous passés à la campagne.

 

Une ouverture au sommet de la structure laisse entrer un halo de lumière artificielle qui calque un tant soit peu la lumière du jour.

 

E entre dans la cellule et s’installe dans l’alcôve inoccupée. C repart. A continue à flâner dans l’espace.

 

Pas de bottes. Rires en sourdine.

 

Des plans préparatoires, des dessins et des notes de F, colligés par G, sont suspendus sur la coquille externe de la structure. Ces derniers cartographient le parcours réflexif et conceptuel de F; leur observation peut (peut-être) servir de clef de voûte pour déchiffrer les arcanes du projet. 

 

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ACTS WITHOUT WORDS – A mimodrama for five performers, identified as A, B, C, D and E,

unfolds (in abstracto ) in a monochrome cell.

 

Gentle silence.

 

The viewer, becoming protagonist, is invited into the cell.

 

C enters the space and looks around, turning his head from right to left. He clears his throat, a bit embarrassed, as he notices A sitting in sitting one of the room’s recesses.

 

The vaulted space forms a world, or rather a synthesized expression of a world, orchestrated

according to specific parameters by F, G, H, I and J.

 

Despite their absence, the presence of D and E is felt.

Mildly indecent (like certain drapery in Giotto’s frescoes), the damp, fleshy pink of the cell

cleaves the dreary grey of the quotidian.

 

Time pauses, stretches, and becomes longer.

 

The earthy aroma of the play intoxicates C’s nostrils. The odor reminds him of his childhood

autumns, all spent in the country.

 

An opening at the top of the structure lets in a halo of artificial light that somewhat resembles daylight.

 

E enters the cell and settles into the unoccupied recess. A continues to roam the space.

 

Bootsteps. Muted laughter.

 

Preliminary staging plans, drawings and notes by F, assembled by G, hang from the outer shell of the structure. They map F’s reflective and conceptual path; observing them can (perhaps) serve as a key to unlock the project’s mysteries.